Catégorie : Ateliers d’artistes

Un atelier d’artiste chez soi !

Notre blog | Novembre 2017 : UN ATELIER D’ARTISTE CHEZ SOI, C’EST LÉGAL !


# Légalisation des ateliers d’artistes en zone d’habitation

En septembre 2015, j’ai abordé sur mon blogue la pertinence de légaliser les ateliers résidence à Gatineau. Au moment où j’écris ces lignes, on peut féliciter nos élus et tout spécialement le leadership de notre maire Maxime Pedneaud-Jobin pour avoir solutionner cette problématique en introduisant une exception supplémentaire aux usages additionnels d’une résidence. Les artistes ne pouvaient rester clandestin, chez eux, plus longtemps !

#  Nouvelle règlementation à Gatineau

Une modification au règlement de zonage est récemment entrée en vigueur autorisant les ateliers d’artiste (ateliers résidence) à titre d’usage additionnel à l’habitation.  L’article 69 du règlement de zonage (R.502-2005) a été modifié par le règlement 502-257-207 à cette fin. L’article 72 du règlement précise les conditions d’exercice d’un usage additionnel à l’habitation. Ces conditions sont les suivantes :

1° Un usage additionnel doit être exercé à l’intérieur d’un bâtiment principal.

Mon atelier résidence situé au 206 avenue du Grand-Calumet
Mon atelier résidence situé au 206 avenue du Grand-Calumet

1.1° Un usage additionnel ne doit donner lieu à aucune activité nocive ou dangereuse eu égard à la sécurité des personnes occupant le bâtiment où se trouve le logement. (R-502-257-2017, a. 8)

1.2° L’usage ne doit constituer aucune nuisance en terme de circulation, de bruit, émanation, odeur, gaz, poussière, chaleur, fumée, ni provoquer ou produire des vibrations dans un mur ou un plancher, des interférences dans les appareils électriques ou électroniques situés dans les autres parties du bâtiment où se trouve le logement, ni aucune autre forme de pollution.

2° L’usage additionnel ne doit donner lieu à aucun entreposage ou étalage extérieur.

3° Un seul véhicule de commerce de moins de 3000 kg est autorisé pour desservir un usage additionnel.

4° L’aménagement d’un usage additionnel ne doit pas entraîner de modification dans l’apparence extérieure du bâtiment, notamment à l’égard de son architecture résidentielle.

5° L’aménagement de l’usage additionnel ne doit pas entraîner de modification de l’espace extérieur de stationnement hors rue du terrain sur lequel il est situé, sauf pour respecter le nombre de cases minimal total exigé à l’article 230, sans dépasser ce nombre.

6° Lorsque le nombre de cases de stationnement autorisé est de 5 cases ou moins par terrain, l’aménagement d’un usage additionnel à une habitation unifamiliale ne doit pas entraîner l’implantation d’une allée d’accès à l’intérieur de l’espace de stationnement hors rue du terrain sur lequel l’usage additionnel est situé.

7° Sauf dans le cas d’une « ressource intermédiaire » ou d’un usage mentionné à l’article 71, un usage additionnel est assujetti, en plus des conditions applicables aux paragraphes 1° à 6° aux conditions suivantes : a) L’usage additionnel doit être aménagé à l’intérieur d’un logement et la personne qui exerce l’usage doit avoir son domicile principal dans ce logement; b) L’accès à l’usage additionnel doit être commun avec celui du logement dans lequel il est situé; c) L’accès au logement dans lequel s’exerce l’usage additionnel est relié directement à l’accès du bâtiment aménagé sur sa façade principale.

#  S’afficher comme artiste sur la façade

Pour ce qui est de l’affichage, une enseigne est autorisée mais elle est limitée à 0,3 m2 par mètre de longueur de façade du bâtiment sans excéder 1m2.  Un certificat d’autorisation (permis) est requis pour l’installation de l’enseigne mais nous n’émettons plus de permis d’affaire (depuis l’entrée en vigueur du règlement 501-43-2017) pour un usage additionnel à l’habitation.

J’ose espérer que l’initiative de notre ville saura inspirer d’autres villes et municipalités !

Source :
Louis Chabot, urbaniste, Chef – Services et projets immobiliers
Secteurs de Hull et Aylmer – Service de l’urbanisme et du développement durable
Courriel: chabot.louis@gatineau.ca

( publié en octobre 2017 par Isabelle Regout )

Des passionnés pour exemples

"ÈVE OU LA NAISSANCE DU MONDE......" Titre de l'églomisé signé Ferdinand Pire

Notre blog | Janv. 2017 : DES PASSIONNÉS POUR EXEMPLES

L’artiste Isabelle Regout nous présente des peintres qu’elle a appréciés lors de sa tournée européenne (2010) des ateliers consacrés à la peinture sous verre.

# Des artistes peintres passionnés

La peinture sous verre est pratiquée à travers le monde par des peintres contemporains qui expriment leur vision et leur sensibilité dans l’éclat incomparable de cet art riche et lumineux. Avec un peu de doigté, vous réussirez sur internet à découvrir les réalisations des artistes talentueux ci-après identifiés et dont le parcours est des plus intéressant :

# La Belgique, une destination pour découvrir l’églomisé

Ferdinand Pire, né à Bruxelles en 1943, a été influencé par l’œuvre du peintre belge Floris Jespers (1889-1965). Il maîtrise les secrets et l’alchimie complexe du verre églomisé. L’oeuvre placée en exergue est signée Ferdinand Pire et s’intitule «Éve ou la naissance du monde…»

Peinture sous verre signée Jean-Marie Boule.jpg# La France, un creuset d’inspiration en peinture sous verre

Yves Siffer, originaire d’Alsace en France, exploite quand à lui les possibilités infinies des lumières du verre pour peindre des scènes nocturnes et des cabinets de curiosités tout en revisitant les thèmes universels qui renvoient autant à notre propre construction du monde qu’à notre finitude existentielle. Il a découvert la peinture sous verre avec le peintre strasbourgeois Rudi Grossman (1906-1974).

Daniel Schlier, diplômé des Arts décoratifs, vit et travaille à Strasbourg (France). Enseignant, il participe aussi à de nombreuses expositions. Il a notamment œuvré à des travaux à quatre mains avec Richard Fauguet.

Il y a aussi Mathilda de Carpentry au Lavandou et Jean-Marie Boule en Bretagne (qui signe l’oeuvre ci-contre) dont la qualité du travail artistique doit être souligné.

# La Suisse, un pays où la peinture sous verre se redécouvre

Ulrich Stückelberger de Zurich en Suisse, a une profonde fascination pour l’art de la peinture sous verre et son approche singulière lui permet d’explorer l’influence de la musique dans ses créations. Certaines de ses œuvres peuvent être admirées au VitroCentre de Romont.

Ateliers d’artistes, un facteur de développement urbain

Ville de Gatineau

# Implantation des ateliers-résidences d’artistes dans la ville de Gatineau et la règlementation actuelle C-18

Tout en abordant succinctement l’état de la situation actuelle des ateliers d’artistes gatinois, ce blogue cherche à démystifier quelque peu les possibilités qu’offre l’actuelle règlementation de la Ville de Gatineau pour l’artiste professionnel.

Ville de Gatineau
À Gatineau, la classification dite C18 permet l’implantation d’un atelier-résidence (en usage additionnel).

Avec ses 270 000 habitants, Gatineau est la quatrième ville la plus populeuse du Québec et le troisième plus important pôle urbain de l’axe du Saint-Laurent après Montréal et Québec. Creuset verdoyant et apaisant, Gatineau veut se distinguer notamment par la culture qui est sans contredit un facteur reconnu de développement.

Selon l’expert Yvon Leclerc, Ph.D. Études urbaines, la grande majorité des artistes de la Ville de Gatineau vivent et travaillent dans leur atelier-résidence situé en quartier résidentiel, hors du centre-ville ou de l’île de Hull. Pour le reste, la ville ne compte que quelques ateliers d’artistes au centre-ville et aucun atelier d’artistes en zone commerciale où, faut-il le rappeler, le coût de location au mètre carré convient à un établissement industriel qui ouvre rarement ses portes au public (contrairement aux artistes).

# Les types d’ateliers prévus à la règlementation

Regardons ces différents environnements d’un peu plus près. Selon les règlements municipaux en vigueur, la ville de Gatineau prévoit trois (3) types d’atelier :

  • 1er type | Atelier d’artisan: lieu où une personne, dans le cours de ses affaires, seule, en équipe ou en société, exécute un travail pour son propre compte (R-502-133-2001, a.1, 1).
  • 2e type | Atelier d’artistes: établissement dont l’usage principal consiste à créer, exposer et vendre des œuvres originales découlant des différentes formes d’arts telles que : cinématographique, danse, dessin, multimédia, musicale, peinture, littéraire, photographique, sculpture, travail du bois, toute autre forme d’expression de même nature (R-502-112-2010, a.1, 1).
  • 3e type | Atelier-résidence: espace réservé en tant qu’usage additionnel à l’intérieur d’un logement pour la création, l’expression et la vente d’œuvres d’art qui découle des formes d’arts telles que : art textile, cinématographique, dessin, estampe, illustration, multimédia, musicale, œuvres littéraires, peinture, photographie, sculpture, toute autre forme d’expression de même nature (R-502-112-2010, a.1, 1).

Dans tous les cas, l’usage doit être indiqué à même la grille de zonage de l’adresse civique concernée et ce, pour exercer l’activité en toute légalité (favorisant ainsi l’obtention d’assurance en biens professionnels ou en responsabilité civile, en plus de régulariser le statut de travailleur autonome).

Les zones commerciales où, les ateliers d’artisans (type 1) et les ateliers d’artistes (type 2) sont autorisées, à vrai dire ils s’en trouvent très peu. Toutefois, comme indiqué ci-avant, ces types d’ateliers ne s’adaptent pas nécessairement aux besoins de l’artiste. Nous allons donc, dans les prochaines lignes, porter notre attention sur le 3e type d’atelier.

Nonobstant le fait que la définition de l’atelier-résidence énumère une liste d’une douzaine d’usages artistiques, le seul usage additionnel communément autorisé en quartier résidentiel et qui se rapproche le plus d’un «artiste», est celui de « couturière ». L’artiste professionnel n’est donc pas plus avancé…

Ville de Gatineau
Selon l’expert Yvon Leclerc, la majorité des artistes vivent et travaillent dans leur atelier-résidence.

L’exception à ce principe général, c’est la classification dite C18 qui permet dans des zones délimitées (d’habitation ou mixte), l’implantation d’un atelier-résidence (en usage additionnel). Grâce au travail de synthèse du Service d’urbanisme, ces lieux sont désormais clairement cartographiés dans un document disponible (ici) en version .pdf. Vous y trouverez une cartographie grand format des différentes zones par «Village urbain» dans lesquels l’usage C18 est permis. Les deux dernières pages du document cataloguent les zones dans lesquels l’usage C18 est permis avec une énumération des adresses civiques concernées. Pour les plus technos, il est possible de consulter l’Atlas interactif de la ville de Gatineau qui permet de visualiser l’emplacement des zones concernés ainsi que les liens avec la grille de zonage  (Recherche: zonage, inscrire le numéro de la zone, bouton d’information zonage pour visualiser la grille).

En conclusion, vous aurez compris que l’usage additionnel «atelier-résidence» n’est pas systématique sur le territoire gatinois mais il faut dire à la défense de la ville de Gatineau, que depuis plusieurs mois des réflexions sérieuses sont engagées par les autorités pour un assouplissement de ces règles. C’est à suivre…

( publié en sept. 2015 par Isabelle Regout )