Notre blog | Mars 2016 : LE VERRE DANS TOUS SES ÉTATS ( ou la perfection n’existe pas )

# La logique mise au défi

Verre bulleuxL’art de la peinture sous verre paraît magique. Il semble résulter d’une entreprise illogique car le créateur est contraint de commencer par la fin c’est-à-dire par les détails et les ombres pour finir par les grandes lignes de son image. Le résultat se cache sous les miroitements du verre pour mieux amener l’observateur à faire abstraction de son propre reflet afin de s’immerger dans l’image.

# De l’imperfection naît l’audace

Certaines imperfections du verre peuvent être un outil pour le peintre en faisant de celles-ci une qualité et qui peut ainsi jouer avec la matière.

Les verres anciens se caractérisent souvent par la présence d’inclusions, dont les plus courantes sont : les bulles ou bouillons, les nœuds, les siries, les cordes, les larmes, les fils.

Verre églomisé

Les bulles ou bouillons proviennent d’un mauvais affinage et sont des inclusions gazeuses qui présentent presque toujours un aspect brillant. L’endroit où elles apparaissent est appelé « site de nucléation ».

Les griffes ou rayures sont des défauts dit linéaires et englobent toute marque sur la surface qui semble avoir été faite par un instrument tranchant voire rugueux. Ces marques pourraient découler des manipulations du verrier (comme celle d’un potier quand il réalise un objet). Dans un tel cas, l’artiste pourrait décider de peindre sur le côté abîmé du verre afin d’estomper le plus possible ces cicatrices. Ci-contre, l’artiste Regout fixe sous le verre une feuille métallique ( Pour plus de détails, vous référez à la technique de l’églomisé ).

On remarque parfois aussi la présence de particules noires dû au carbone issu du four de cuisson.

Ces accidents (et il en existe beaucoup d’autres) donnent un charme aux créations, un air patiné ou un look complètement moderne selon les recherches de l’artiste.