Mois : septembre 2015

Ateliers d’artistes, un facteur de développement urbain

Ville de Gatineau

# Implantation des ateliers-résidences d’artistes dans la ville de Gatineau et la règlementation actuelle C-18

Tout en abordant succinctement l’état de la situation actuelle des ateliers d’artistes gatinois, ce blogue cherche à démystifier quelque peu les possibilités qu’offre l’actuelle règlementation de la Ville de Gatineau pour l’artiste professionnel.

Ville de Gatineau
À Gatineau, la classification dite C18 permet l’implantation d’un atelier-résidence (en usage additionnel).

Avec ses 270 000 habitants, Gatineau est la quatrième ville la plus populeuse du Québec et le troisième plus important pôle urbain de l’axe du Saint-Laurent après Montréal et Québec. Creuset verdoyant et apaisant, Gatineau veut se distinguer notamment par la culture qui est sans contredit un facteur reconnu de développement.

Selon l’expert Yvon Leclerc, Ph.D. Études urbaines, la grande majorité des artistes de la Ville de Gatineau vivent et travaillent dans leur atelier-résidence situé en quartier résidentiel, hors du centre-ville ou de l’île de Hull. Pour le reste, la ville ne compte que quelques ateliers d’artistes au centre-ville et aucun atelier d’artistes en zone commerciale où, faut-il le rappeler, le coût de location au mètre carré convient à un établissement industriel qui ouvre rarement ses portes au public (contrairement aux artistes).

# Les types d’ateliers prévus à la règlementation

Regardons ces différents environnements d’un peu plus près. Selon les règlements municipaux en vigueur, la ville de Gatineau prévoit trois (3) types d’atelier :

  • 1er type | Atelier d’artisan: lieu où une personne, dans le cours de ses affaires, seule, en équipe ou en société, exécute un travail pour son propre compte (R-502-133-2001, a.1, 1).
  • 2e type | Atelier d’artistes: établissement dont l’usage principal consiste à créer, exposer et vendre des œuvres originales découlant des différentes formes d’arts telles que : cinématographique, danse, dessin, multimédia, musicale, peinture, littéraire, photographique, sculpture, travail du bois, toute autre forme d’expression de même nature (R-502-112-2010, a.1, 1).
  • 3e type | Atelier-résidence: espace réservé en tant qu’usage additionnel à l’intérieur d’un logement pour la création, l’expression et la vente d’œuvres d’art qui découle des formes d’arts telles que : art textile, cinématographique, dessin, estampe, illustration, multimédia, musicale, œuvres littéraires, peinture, photographie, sculpture, toute autre forme d’expression de même nature (R-502-112-2010, a.1, 1).

Dans tous les cas, l’usage doit être indiqué à même la grille de zonage de l’adresse civique concernée et ce, pour exercer l’activité en toute légalité (favorisant ainsi l’obtention d’assurance en biens professionnels ou en responsabilité civile, en plus de régulariser le statut de travailleur autonome).

Les zones commerciales où, les ateliers d’artisans (type 1) et les ateliers d’artistes (type 2) sont autorisées, à vrai dire ils s’en trouvent très peu. Toutefois, comme indiqué ci-avant, ces types d’ateliers ne s’adaptent pas nécessairement aux besoins de l’artiste. Nous allons donc, dans les prochaines lignes, porter notre attention sur le 3e type d’atelier.

Nonobstant le fait que la définition de l’atelier-résidence énumère une liste d’une douzaine d’usages artistiques, le seul usage additionnel communément autorisé en quartier résidentiel et qui se rapproche le plus d’un «artiste», est celui de « couturière ». L’artiste professionnel n’est donc pas plus avancé…

Ville de Gatineau
Selon l’expert Yvon Leclerc, la majorité des artistes vivent et travaillent dans leur atelier-résidence.

L’exception à ce principe général, c’est la classification dite C18 qui permet dans des zones délimitées (d’habitation ou mixte), l’implantation d’un atelier-résidence (en usage additionnel). Grâce au travail de synthèse du Service d’urbanisme, ces lieux sont désormais clairement cartographiés dans un document disponible (ici) en version .pdf. Vous y trouverez une cartographie grand format des différentes zones par «Village urbain» dans lesquels l’usage C18 est permis. Les deux dernières pages du document cataloguent les zones dans lesquels l’usage C18 est permis avec une énumération des adresses civiques concernées. Pour les plus technos, il est possible de consulter l’Atlas interactif de la ville de Gatineau qui permet de visualiser l’emplacement des zones concernés ainsi que les liens avec la grille de zonage  (Recherche: zonage, inscrire le numéro de la zone, bouton d’information zonage pour visualiser la grille).

En conclusion, vous aurez compris que l’usage additionnel «atelier-résidence» n’est pas systématique sur le territoire gatinois mais il faut dire à la défense de la ville de Gatineau, que depuis plusieurs mois des réflexions sérieuses sont engagées par les autorités pour un assouplissement de ces règles. C’est à suivre…

( publié en sept. 2015 par Isabelle Regout )

Décor d’architecture civile

Fixé sous verre, pour un décor d'architecture civile

Notre blog | Septembre 2015 : PAR AMOUR DU GESTE

# Fixé sous verre, une appellation distincte

L’appellation française « fixé sous verre » est souvent associé, à tort, pour définir l’ensemble des techniques sous verre.

Or, le fixé sous verre est le résultat d’une œuvre peinte de façon traditionnelle (papier, toile, tissu, parchemin, etc.) qui sera ensuite «fixée» directement et sans espace intercalaire sous une plaque de verre préalablement enduite d’un adhésif. Dans cette technique picturale, l’ensemble du geste artistique n’est donc pas effectué au revers d’une plaque verre et c’est pourquoi on la désigne sous le vocable «peinture sous verre trompeuse». Ces fixés ont été très utilisés de 1850 à 1930 pour décorer les façades et les intérieurs de boutiques parisiennes.

# Le fixé sous verre comme décor d’architecture civile

www.artquebec.ca célèbre l’art de peinture sous verre.En France, on peut apprécier de grands panneaux de fixés sous verre que l’on utilisait dans la seconde moitié du XIXe siècle pour constituer des devantures ou des plafonds intérieurs richement décorés de certains commerces. Malheureusement, plusieurs décors ont disparu au fils du temps faute de l’intervention du propriétaire et d’un restaurateur averti.

De nos jours, les témoins subsistant sont inscrits à l’inventaire des Monuments historiques et donc, protégés. Si vous allez à Paris, pourquoi ne pas profiter d’un repas gatronomique au Grand Véfour tout en admirant les fixés peints «dans l’esprit des fresques de Pompéi» (2008, Jeannine Geyssant) ? Pour les routards, vous n’êtes pas en reste car les devantures au 29 rue de Poitou et aux 21 rue Sévigné – 23 rue des Francs-Bourgeois sauront tout autant vous ravir!

Pour les amoureux de lecture, vous pouvez vous mettre sous la dent : «Vitrines du passé – L’Art du fixé sous verre à Paris»,  de Aline Boutillon, Les Éditions Artena, 2006, ISBN : 2-35154-006-9, EAN : 9782351540060, 108 pages et plus de 300 photos.

# Isabelle Regout introduit la peinture sous verre dans l’architecture civile au Canada
Ce mois-ci, la ville de Gatineau a choisi le projet de l’artiste Isabelle Regout dans le cadre du concours d’intégration des arts à l’architecture du Pavillon du parc La Vérendrye (Québec, Canada). Le quadriptique projeté sera de grandes dimensions soit 1,4 m X 5,5 m. Il offrira différentes lectures aux visiteurs grâce à la superposition des images, le tout en technique sous verre. «Le dynamisme des formes, les couleurs vives et le sujet universel attireront l’oeil de tous, jeunes et moins jeunes » – Communiqué de presse de la ville de Gatineau.